Le Vin, les Pesticides, Bordeaux, Elise Lucet et Cash Impact…

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Les châteaux vont ils devoir révéler l’analyse moléculaire complète de leurs vins pour prouver leur bonne foi? Deux ans après sa première émission CASH INVESTIGATION, Elise Lucet a récidivé en ciblant notamment Bordeaux avec la diffusion hier soir d’un nouveau reportage « Pesticides: Notre santé en danger« . Santé, cancer, enfants, pesticides CMR (Cancérigènes Mutagènes Reprotoxiques)…beaucoup de messages anxiogènes qui contribuent à faire grandir le doute dans l’esprit du consommateur, à accroître leur perte de confiance vis à vis des autorités et à développer une peur pour leur bien-être et celui des générations futures.

A mes yeux, le plus intéressant n’était pas l’émission en elle même avec son lot de révélations. C’était plutôt la réaction sur les médias sociaux, ce big data qui nous permet d’avoir un ressenti « à chaud », de savoir ce que le public au sens large a sur le coeur. Le consommateur ne comprend plus: Comment se fait il que des pesticides interdits depuis 2008 soient encore utilisés aujourd’hui? Comment se fait il qu’il y ait des pesticides agréés en agriculture biologique? Le doute est bel et bien là. « Le bio est-il toujours 100% bio, un vin bio d’Espagne est-il le même qu’un vin bio de France. » Cela va jusqu’à une remise en question des propos tenus par les autorités, par exemple lorsque les représentants du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) interviennent: « S’affranchir des pesticides? ils se cachent toujours derrière l’excuse que les produits sont autorisés » ou bien « Tenter de faire le rapprochement avec des gaz d’échappement pour expliquer la présence des pesticides…n’importe quoi !« . Les messages sur les médias sociaux fleurissent: « D’un côté, le CIVB veut réduire l’utilisation des pesticides, mais de l’autre, il ne sait pas ce que font les vignerons – et ne souhaite pas le savoir – et ne fait aucun contrôle sur les vignobles… » ou bien « La seule réponse du patron du CIVB quand on lui dit que les écoles près des vignes sont polluées par les pesticides, c’est « OUI MAIS DANS LES VILLES AUSSI C’EST POLLUÉ« . Visiblement le message ne passe pas et la peur s’installe. L’image des vins de Bordeaux en prend un coup assurément.

La solution (ou plutôt les solutions) dans le monde du vin pour dissiper rapidement ces peurs et ces craintes? Une appli iPhone « Shazam version Traqueur de résidus de pesticides » – qui permettrait de vérifier en temps réel l’innocuité du vin que vous dégustez – aurait un bel avenir devant lui. On n’en est pas encore là. Finalement, la solution se trouve peut être parmi les voix qui s’élèvent sur les médias sociaux. Trés pragmatiques, beaucoup s’interrogent sur la raison pour laquelle un message de transparence simple comme celui de faire figurer la liste des résidus de pesticides du vin n’était pas encore adoptée. Une solution simple, efficace et réplicable dans le monde entier. Aujourd’hui, un seul domaine dans le monde a franchi le pas et c’est en France: il s’agit d’une Maison de Champagne.

(Ce post « Le Vin, les Pesticides, Bordeaux, Elise Lucet et Cash Impact… » a été rédigé par Guillaume Jourdan. Contactez le à info@vitabella.fr ou via LinkedIn)